BEFELER MAYER-MAX , YANKIEL-JACQUES et EVA

LES ENFANTS

Famille BEFELER

Famille BEFELER (cliquer pour agrandir)

BEFELER MAYER – MAX, 16 ans,

JANKIEL (YANKIEL) – JACQUES, 15 ans

et EVA, 10 ans.
Enfants d’Alta née Turkeltaub, couturière, et de Berko, presseur.
3 enfants ayant habité successivement le XI° et le XX° arrondissement.
Arrêtés à Paris avec leurs parents et internés avec eux.
Une fratrie disloquée.

Trois des 750 enfants du 11°, victimes de la rafle du Vel’ d’Hiv’ des 16 et 17 juillet 1942, organisée par René Bousquet, secrétaire général pour la police française et par les services allemands

BEFELER Yankiel

YankIel Jacques BEFELER

LAMBEAUX DE MEMOIRE
Témoignages

Depuis 2011, Régis Thiebaud, à la demande d’une amie, recherche les traces de cette famille juive polonaise disparue, qu’elle avait connue et voulait mieux connaître. Deux documents, « Un hommage parisien à la famille Befeler » et « Une élimination sans traces » décrivent cette quête d’un caractère tout à fait exceptionnel qui l’a conduit à découvrir des témoins à travers le monde, une quête qu’il poursuit encore… En France, il a rencontré Claude Hollmann, le grand ami de Yankiel.

Du Vélodrome d’Hiver, le 18 juillet, Jacques écrit à Claude Hollmann, qui habite le même immeuble. [voir « Lettres de Drancy », Taillandier, 2002] cette lettre lucide et désespérée :

« Mon Cher Claude, je t’écris ces dernières lignes pour t’informer que nous allons bientôt partir. J’ai le cœur gros de ne pouvoir t’exposer à toi-même tout ce que je ressens. Ici, nous nous apprêtons en hâte pour notre triste voyage. Lorsque cette lettre te parviendra, nous serons sans doute déjà partis. Nous sommes presque fous à force de penser à cela, surtout que nous croyons être séparés. À part cela, je termine cette lettre en ayant une forte envie de pleurer, car vois-tu je crois que nous ne nous reverrons plus et vois-tu je crois que c’est vraiment la fin.

[…] Adieu.

Soi-disant, les Allemands ont tourné un film sur nous… »

Nous apprenons aussi que Yankiel, en quittant son école parisienne, est parti 2 ans en apprentissage chez un géomètre dans les Pyrénées orientales. D’Israël, Régis Thiebaud a reçu une photo de toute la famille prise un jour de l’été 1938 où, pour la première fois, nous découvrons les traits de Max, le fils aîné.

FRAGMENTS D’HISTOIRE
La Déportation

Les 2 frères sont déportés de Pithiviers (Loiret) avec leur père, arrachés à leur mère déportée 3 jours après eux.

Max, sélectionné pour le travail forcé, résiste deux mois et demi après son arrivée au camp : il meurt le 15 octobre 1942. Le motif officiel du décès rédigé par un des médecins SS : « Insuffisance cardiaque d’origine grippale » masque son assassinat.

Leur petite sœur, Eva, subit 39 jours d’internement dont 21 dans le plus grand dénuement, sans parents ni fratrie dans 3 lieux de détention : parquée 5 jour au Vel d’hiv, transférée à Pithiviers, puis de Pithiviers à Drancy, d’où elle sera déportée.

Mayer-Max et Yankiel-Jacques : 2 parmi les 27 enfants du XI°, déportés à Auschwitz par le convoi 13 du 31 juillet 1942. Tous comme eux deux sont exterminés.

Eva est avec les 104 enfants du XIe déportés à Auschwitz par le convoi 23 du 24 août 1942. Tous, comme elle, sont exterminés.

Déclarés « morts en déportation à Auschwitz(Pologne) » : Jacques le 5 août, Eva le 29 août et Max le 15 octobre 1942, JORF (2012).

Stèle/Plaque
L’AMEJD XIe a gravé sur une plaque le nom de Mayer Max , au Lycée Voltaire le 18/11/2005 et celui de Yankiel, à l’école 75 rue Bd de Belleville le 7/12/2002 ; son nom se retrouve également dans un collège du 20ème, 26 Rue Henri Chevreau. Le nom d’Eva est gravé sur une plaque dans une école du 20ème, 38 rue de Tourtille.Livre : « Fragment d’histoire(s) Lambeaux de mémoire » (Page 114).