DAVIDOVITZ Maurice et Fernand

 

LES ENFANTS

Maurice et Fernand avec leur jeune sœur Dvora-Denise

Maurice et Fernand avec leur jeune sœur Dvora-Denise

 

 DAVIDOVITZ Maurice, 14 ans  et Fernand, 12 ans.-Deux des 4 enfants de Hengla, née Joskowiez et de Jacob, « Shoh’et – H’azan (sacrificateur) de la synagogue de l’avenue Secrétan.

Deux parmi les  22 enfants déportés de 18  familles du X° arrondissement qui fréquentaient une école du XI°.

Arrêtés seuls et déportés avec leurs parents après 5 jours d’internement. Victimes d’une dénonciation.

 
LAMBEAUX DE MEMOIRE
Témoignages Jacob Davidovitz (c’est ainsi que s’écrivait son nom en France) était un frère cadet de ma mère, et avec ses quatre enfants, donc mes cousins, nous étions très proches. D’après ce que j’ai pu apprendre, les jours qui ont suivi la rafle, mon oncle avait envoyé ses trois plus jeunes enfants chez un grand oncle, français depuis 1905, ancien combattant médaillé de 1914-1918, habitant à proximité des Halles, «théoriquement » épargné par les mesures qui frappaient les juifs étrangers ou naturalisés après 1935. Mais, hébergeant déjà d’autres proches dans un logement surpeuplé et craignant d’attirer  l’attention du voisinage, le grand oncle, gardant seulement leur petite sœur Denise, les orienta vers une autre planque. Pour s’y rendre, les deux frères firent un crochet par leur domicile pour voir leurs parents et prendre quelques effets personnels.  Or leur père, leur mère et leur frère David (âgé de 19 ans et dont j’étais très proche) avaient été arrêtés la  veille sur dénonciation du concierge. Ils s’étaient aménagé une cachette  au fond de l’appartement  dans une chambre dont la porte était dissimulée par une armoire sans fond. Or le concierge qui accompagnait les flics et qui connaissait la « topographie » du logement les a débusqués.Voyant passer Maurice et  Fernand-Nathan devant sa loge, le concierge se hâta d’alerter des flics en civil à l’affût dans le quartier ; ils furent arrêtés à leur tour  et  leurs noms figurent dans le même convoi de déportation que leurs parents et leur frère David.  Ne m’en demandez pas davantage, ne serait-ce que  parce que n’étant pas  le témoin direct de ce que je viens de relater, j’ai procédé par recoupement de quelques témoignages.  Dois-je ajouter que plus de 73 ans après leur fin tragique, leur évocation continue de me faire mal ?Un mot encore en guise de « happy end »: la petite Dvora-Denise, hébergée jusqu’à la Libération  par le grand oncle Mardoché Dawidowitch (il était l’oncle de mon oncle Jacob et de ma mère)  est la seule survivante de cette famille de 6 personnes. David Dawidowicz, leur cousin. (travailleur forcé pour la WOL dans les Ardennes et ayant échappé à la rafle du 5 janvier 1944, il s’engagea dans la Résistance) Pendant l’exode, la famille s’est réfugié dans l’Allier et les 2 garçons, envoyés dans une maison de l’OSE au lieu-dit les Morelles, sont scolarisés à Broût-Vernet du 17 mai 1940 jusqu’en juillet pour Fernand et jusqu’en octobre pour son frère. (F. Demaegdt, président de l’AFMD de l’Allier)
FRAGMENTS D’HISTOIRE
La Déportation Déportés de Drancy avec leurs parents et leur frère David arrêtés le 26 août 1942.  Ils font partie des 33 enfants du XI°, déportés à Auschwitz par le convoi 26 du 31 août 1942. Comme eux, tous sont exterminés. Déclarés « mort en déportation  le 5 Septembre 1942 » (JORF du 4 décembre 2007 et du 28/07/2013).
Stèle/Plaque L’AMEJD a gravé leurs noms le 7 décembre 2002 sur une plaque à l’école de garçons,77 boulevard de Belleville.

 

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