DOBRZYNSKI Léon

 

L’ENFANT DOBRZYNSKI Léon (Léo), 10 ans

Le fils unique d’Ella, née Rosenbaum et de Stefan, maroquiniers.

Un parmi les 8 enfants déportés de 7 familles qui habitaient Boulevard Richard-Lenoir.

Arrêté avec sa mère mais déporté seul après avoir subi 36 jours d’internement dans 3 lieux de détention : Un des 750 enfants du XI°, victimes de la rafle du Vél d’Hiv’ des 16 et 17 juillet 1942, organisée par René Bousquet, secrétaire général pour la police française et par les services allemands.

Pas de photo retrouvée
LAMBEAUX DE MEMOIRE
Témoignage Mon bon copain était Léo. Ses parents fabriquaient à domicile, au 83 boulevard Richard Lenoir, de petits articles de maroquinerie comme des portefeuilles et des porte-monnaie.

Son père, comme le mien, est arrêté le 14 mai 1941, pendant la Rafle du Billet Vert; tous deux seront prisonniers à Pithiviers, avant d’être déportés.

Ella, sa maman, qui au cours d’une rixe au printemps 1942 sur le Bd Richard-Lenoir, a giflé une « souris grise » – c’est ainsi que l’on nommait les Allemandes en uniforme – s’est retrouvée emprisonnée dans la prison pour femmes de La Petite Roquette. Libérée début juillet 1942, elle est arrêtée avec Léo lors de la Rafle du Vel d’Hiv.

Durant la détention d’Ella, Léo était hébergé chez nous. Comme moi, il était enfant unique. Il m’étonnait car il avait beaucoup de connaissances en différentes matières. Entre autres, malgré son jeune âge, il parlait très correctement le français, le yiddish et le polonais.

Malgré mes recherches, je n’ai jamais retrouvé un seul membre survivant de sa famille. Étant moi-même le seul rescapé de la Rafle, je ne possède aucune photo de l’époque, mais je me souviens assez bien du visage de Léo : il me revient en mémoire quand je vois le chanteur Serge Gainzbourg.

(Guiora Markowicz, son copain d’enfance)

FRAGMENTS D’HISTOIRE
La Déportation Parqué 5 jours au Vel d’hiv avant son transfert à Beaune la Rolande. Arraché à sa mère déportée avant lui de Beaune la Rolande le 5 août 1942, il restera seul 2 semaines avant d’être

déporté de Drancy. Un des 113 enfants du XI°, déportés à Auschwitz par le convoi 22 du 21 août 1942. Comme lui, ils seront tous exterminés.

Déclaré « mort en déportation le 26 août 1942 » (JORF du 20 septembre 2014).

Stèle/Plaque L’AMEJD XI° a gravé son nom sur une plaque le 9 juin 2001 à l’Ecole de Garçons, 24 rue Saint-Sébastien.
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