EJZENBERG Robert

L’ENFANT EJZENBERG Robert 4 ans

Le benjamin des 3 enfants de Golda Maria, née Tondowska et de Pinkus Pierre, négociant en vieux métaux.

Un parmi les 8 enfants déportés de 7 familles qui habitaient Boulevard Richard-Lenoir.

Arrêté à la frontière suisse, fuyant la France avec 4 membres de sa famille et déportés avec eux après 28 jours d’internement dans 2 lieux de détention : de nombreux sauvetages ont eu lieu grâce aux passages clandestins en Suisse et en Espagne, mais Robert fait partie avec Marcel Kadenski et Jacqueline Osman, des 3 enfants du XI° qui n’ont pas réussi à franchir leurs frontières, arrêtés avant ou repoussés après.

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L’avis de recherche

 

LAMBEAUX DE MEMOIRE
Documents d’ArchivesetTémoignages En feuilletant le livret « Fragments de Parcours », la photo du petit Robert a particulièrement attiré mon attention… l’impression d’avoir vu ce visage… un petit garçon que pourtant je ne pouvais pas connaitre, étant née en 1942. Son nom m’évoque une famille amie de mes parents. Et c’est bien la même famille : une feuille de témoignage de Yad Vashem me remémore leurs prénoms, Pierre et Golda (je me souviens qu’on l’appelait aussi Maria). C’est en Suisse, dans les camps de réfugiés que nos pères font connaissance et à la fin des années 50, j’ai vécu quelques temps chez eux, à St-Maur-des-Fossés avec leur fille Simone et un petit garçon (Gérard, je crois me souvenir) né après la guerre. Je me souviens avoir été souvent réveillée par les cauchemars de madame Ejzenberg. Un jour je lui ai demandé pourquoi elle pleurait et avait ce numéro tatoué sur le bras. Et c’est alors qu’elle m’a parlé de la déportation et de son petit garçon.Le deuxième fils ressemblait-il à son frère disparu ?Des archives provenant de Suisse (Dossier N-05916) permettent de préciser le parcours de cette famille mais laisse toute une zone d’ombre. En mai 1941, les parents et leurs 3 enfants, Jacqueline 14 ans, Simone 5 ans et Robert 16 mois quittent Paris pour Marseille, puis en mai 1942 séjournent 5 mois à La Bourboule, où Jacqueline est scolarisée. Puis le 9 octobre 1942, la famille décide de fuir la France. Le père et les deux fillettes partent en premier et passent la frontière suisse le 12 octobre 1942. Robert et sa mère qui devaient en principe les rejoindre le lendemain ne sont jamais arrivés… Deux ans plus tard, Robert et 4 membres de sa famille paternelle (dont Charles, son cousin de 8ans) font partie des personnes domiciliées en Isère, à Grenoble, arrêtées hors de ce département, et internées à Annemasse avant leur transfert à Drancy (Déportés de l’Isère : 1942 1943 1944, PUG (2005). Robert sera assassiné à Auschwitz et sa mère reviendra de déportation. Apres la guerre, son père lance vainement un avis de recherche. Danaé Bravarski-Maillard (nos parents étaient amis)

 

FRAGMENTS D’HISTOIRE
La Déportation
Déporté de Drancy : interné avec sa famille, mais sans parents, à Annemasse,

après son arrestation le 2 mai 1944, il fait partie du groupe transféré le 24 mai à Drancy. Sur une fiche de Drancy, c’est Flora EJZENBERG née Fluck, qui est inscrite comme la mère de Robert au lieu de Golda, née Tondowska. A ce jour on ne retrouve aucun document témoignant de la déportation de Golda mais des archives d’Arolsen indiquent le même numéro matricule pour Golda et Flora.Un des 7 enfants du XI°, déportés à Auschwitz par le convoi 75 du 30 mai 1944. Comme lui, cinq sont exterminés.Déclaré « mort en déportation  le 4 juin 1944 » (JORF du 20 septembre 2007).

Stèle/Plaque Son nom est gravé sur la Stèle Folie-Titon dans la liste des enfants de 4 à 7 ans non scolarisés.