ESTERSON-ROTSZTEJN (fratrie) Anna, Rose Germaine et Herman

*Parcours

LES ENFANTS

Germaine

ESTERSON_Rotzstejn_Germaine

ESTERSON Anna 15 ans, Rose 12 ans, Germaine 9 ans et

Herman 7 ans

Quatre des 5 enfants d’Etla ROTSZTEJN, femme de ménage salariée et de Kiva Esterson, boulanger. 4 parmi les 14 enfants déportés de 8 familles qui habitaient Passage Saint-Bernard.

Arrêtés avec leur mère sous le nom de Rotsztejn et déportés après elle, après avoir subi 35 jours d’internement dans 3 lieux de détention : 4 des 750 enfants du 11°, victimes de la rafle du Vel’ d’Hiv’ des 16 et 17 juillet 1942, organisée par René Bousquet, secrétaire général pour la police française et par les services allemands.

LAMBEAUX DE MEMOIRE
Documents d’Archives

et

Témoignages

Mon grand-père, Robert Esterson, est de plus de 10 ans l’ainé de cette fratrie. Avant la guerre, Il vit heureux :

ses parents sont un couple d’acteurs de théâtre et lui-même fait partie de la chorale de l’Opéra de Paris.

Il me parlait de sa famille lorsque j’étais encore une enfant, puis j’ai grandi et ses récits ont cessé. Je pense qu’il recherchait à travers moi le souvenir de ces petites filles. Il n’a plus jamais évoqué cette période, je n’osais plus poser de questions, sachant combien ces événements étaient douloureux.

Lorsque la famille est arrêtée, le père est déjà décédé et mon grand-père, hospitalisé au sanatorium d’Hauteville (fondation Rothschild) dans l’Ain, n’est pas à Paris. Cependant, une part de son être est partie avec Germaine, Rose, Anna et Herman (Bernard dans les registres scolaires, Armand pour ses soeurs).

Il a conservé des lettres écrites par ses sœurs en février 1939 pendant son hospitalisation et dans lesquelles elles racontent leur quotidien, l’école. On y lit toute l’affection et l’attachement qu’ils se portent. Germaine, dont j’ai retrouvé la photo -la seule photo de cette fratrie-, est une petite écolière studieuse et une fillette attentionnée, soucieuse de son prochain. Elle n’oublie pas de rappeler à son grand frère la date de son anniversaire. Bien que la famille soit dispersée, leur mère malade, le petit frère placé ailleurs et elle- même dans une institution dont on ignore le nom, on ne ressent aucune plainte dans ces courriers, où la prise de poids de 1 kilo apparait comme une grande satisfaction. On y ressent cependant de l’inquiétude pour la santé de mon grand-père et de leur maman. Le moindre événement heureux est rapporté, de même que dans une lettre se glisse un rébus…

Je suis heureuse et émue aujourd’hui que son nom soit gravé sur une plaque, que beaucoup d’enfants, d’adultes puissent le lire et qu’à travers ces regards, tous aient une pensée pour Germaine, cette petite fille qui renait de l’Histoire. Géraldine Deleage

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FRAGMENTS D’HISTOIRE
La Déportation

Stèle/Plaques

Parqués 5 jours au Vel d’hiv avant leur transfert à Pithiviers le 21 juillet 1942. Arrachés à leur mère déportée avant eux le 7 août, ils restent seuls à Pithiviers et sont transférés à Drancy le 15 août 1942.

Quatre des 81 enfants du XI°, déportés à Auschwitz par le convoi 21 du 19 août 1942. Comme eux, tous sont exterminés.

Seuls Rose, Germaine et Herman sous le nom ESTERSON sont déclarés « morts en déportation » le 24 août 1942 à Auschwitz en Pologne (JORF 2014).

L’AMEJD XI° a gravé sur une plaque commémorative sous le nom de Rotsztejn-Esterson, les prénoms d’Anna, le 15mai 2004 à l’école primaire de filles, 14 rue Titon, de Germaine et Rosa le 7 octobre 2000 dans celle du 31 rue Saint Bernard et celui de Bernard le 15 octobre 2005 dans l’école primaire de garçons, 38 rue Trousseau (actuel collège Anne Franck).

Géraldine Deleage a demandé au Cercil que le nom d’Esterson soit redonné à ces enfants.

Cliquer pour télécharger la fiche parcours ( pdf)

 

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