Louise BUK

Parcours

L’ENFANT

Louise BUK

BUK Louise

BUK Louise, 16 ans

L’aînée des 2 enfants de Kejla Sarah Wapniarska et de Salomon,

artisan ébéniste possédant une petite boutique rue du Ruisseau (Paris 18ème)

Une parmi les 58 enfants déportés de 27 familles qui habitaient

Cité Lesage-Bullourde.

Arrêtée sans aucun parent le 28 juillet 1944 à Lyon, où elle était réfugiée et déportée de cette ville après 14 jours d’internement.

L’un des 13 enfants du XI° emprisonnés à Fort Montluc avant leur déportation.

BUK Louise et Denie avec leur mèreLouise (à gauche) avec sa mère et sa sœur Denise
LAMBEAUX DE MEMOIRE
Documents d’Archives

et

Témoignages

Ma mère Denise,âgée de 7 ans et Louise sont parties pour Lyon en zone encore libre par le train, peut-être avec une organisation? Il y avait d’autres enfants… Date inconnue, environ fin 1941 début 42.Ma grand-mère les rejoint peu après. Mon grand-père était déjà à Lyon où il travaillait comme ébéniste chez Mr Legrand. Ce nom deviendra pendant la guerre, le nom de ma mère et de mon grand-père sur des faux papiers. Pour Louise je ne sais pas…

Louise était secrétaire et bonne à tout faire dans une famille de Lyon. Elle avait toujours le même jour de repos, une fois par semaine. Le jour de son interception par la police, malheureusement, son jour avait été changé et le destin a voulu qu’elle soit raflée à la place de sa mère qui avait été dénoncée mais qui était absente lors de sa visite, Montée de la Grande Côte à Lyon.

Bernard Mol, son neveu.

Louise était une adolescente très studieuse; sérieuse, mûre pour une enfant de son âge. Chaque matin, nous partions main dans la main à l’école. A la récréation, je ne la quittais pas et ne la laissais pas jouer avec ses camarades. Nous dormions dans la salle-à-manger, dans un grand lit ; elle me calmait. C’était formidable cette tendresse. Un jour, maman nous a envoyé en zone libre. Peu m’importait où j’allais, j’étais avec ma grande sœur. A Lyon, à partir de ce moment-là, nous étions séparées. Louise devait être cachée chez des gens qui l’employaient comme secrétaire et bonne à tout faire. Moi, à la campagne dans des familles, je changeais très souvent de lieu ; parfois je voyais rapidement Louise chez ma mère qui vivait dans un grenier (Montée de la Grande Côte). Mais il fallait encore nous séparer, alors c’était des pleurs… C’était dur, mais on ne pouvait pas rester ensemble. Louise était grande pour son âge, c’était elle ma mère. Un jour, avec un petit groupe d’enfants, nous avons pris un train pour Annemasse. En Suisse, j’étais triste, je pleurais. Tous les soirs, seule dans mon lit, je priais pour qu’il n’arrive rien à Louise, à mes parents. Je croyais en Dieu et connaissais les prières apprises chez les sœurs. En 1945, de retour en France par convoi de la Croix-Rouge, Louise n’était pas là. Mes parents répondaient qu’elle était à la campagne, qu’elle ne tarderait pas à rentrer à la maison. Je ne comprenais pas, c’était bizarre. Je pensais la voir tout de suite à mon retour. Un jour, ma mère m’a avoué que Louise avait été déportée de Lyon. C’était terrible, je n’acceptais pas sa disparition. Non ! elle était amnésique, elle reviendrait, j’attendrai son retour !

Je n’ai plus cru en Dieu. Mes parents se sont séparés. J’étais seule, elle n’était plus là, ma petite maman. Nous aurions dû rester ensemble jusqu’à la fin.

Denise Buk, sa sœur

FRAGMENTS D’HISTOIRE
La Déportation

Stèle/Plaques

Déportée de Lyon sans aucun parent après 14 jours d’internement au Fort Montluc

Une des 3 enfants du XI°, déportée par le convoi 78 parti de Lyon le 11 août 1944, l’un des deux convois partis de province, qui arrivera à Auschwitz le 22 août 1944, après un périple épouvantable de 11 jours. Comme elle, 2 sont exterminés.

Une amie de famille l’a reconnue à Bergen-Belsen, mourant du typhus.

Sans doute, en raison de la destruction d’un grand nombre de documents par les nazis avant la libération des camps, son parcours est absent des archives du Musée d’Auschwitz, d’Arolsen, et de Bergen-Belsen.

On ignore donc si elle a été transférée d’un camp à l’autre dès son arrivée ou si elle a fait la marche de la mort.

N’est pas à ce jour déclarée « morte en déportation » au JORF

L’AMEJD a gravé son nom le 7 octobre 2000 sur une plaque apposée à l’école primaire 4 rue Keller

 

Cependant elle n’est restée que quelques jours dans cette école. Sa scolarité s’est déroulée ensuite 60, rue Championnet, étant domiciliée 26 rue Letort (Paris 18°)

Buk Louise MXII_6665

 

Cliquer pour télécharger la fiche parcours ( pdf)

 

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