SPODEK Suzanne

L’ENFANT

Suzanne

Suzanne vers 14 ans

autre photo de Suzanne

SPODEK Suzanne, 16 ans

La fille cadette des 2 enfants de Dvorah née Bryftreger et de David, tous deux épiciers au 51 rue de Montreuil.

L’une parmi les 68 enfants déportés de 46 familles qui habitaient rue de Montreuil.

Arrêtée, seule de sa famille, fuyant Paris.

Une parmi la trentaine d’enfants du XI° pris en franchissant la ligne de démarcation entre le 17 juillet et la première semaine d’août.

Suzanne et Jacques en 1939 au bois de Vincennes ?

Suzanne et Jacques en 1939 au bois de Vincennes ?

 

LAMBEAUX DE MEMOIRE
Documents d’Archives

et

Témoignages

Suzanne est la sœur de mon père, Jacques, et de 2 ans sa cadette. Une adolescente blonde aux yeux bleus qui jouait du piano et aimait particulièrement les sonates de Shubert.

Le 12 Mai 1942, Jacques, muni de faux papiers, passe la ligne de démarcation à Montceau les Mines pour rejoindre la Résistance à Lyon. Apres un contrôle d’identité par 2 feld-gendarmes dans la salle d’attente de la gare, il est miraculeusement relâché et échappe ainsi à la déportation.

A l’issue de la Rafle du Vel d’Hiv, dès les premiers jours d’août, il demande à sa famille de le rejoindre à Lyon.

Suzanne est arrêtée en passant la ligne de démarcation.

C’est beaucoup plus tard, en entreprenant les recherches pour faire graver la plaque destinée à l’école de la rue Titon que Jacques Spodek comprend : sur la liste du convoi 24 figure un Maurice Spodek mais pas de Maurice Szerman, nom du jeune voisin de palier dont Suzanne était amoureuse et avec lequel elle a tenté de passer la ligne de démarcation. Comme Maurice, né à Varsovie, était dépourvu de papiers, peut-être ont-ils pensé qu’en le faisant passer pour son frère, ils échapperaient à l’arrestation.

Suzanne et Maurice sont transférés tous deux de la prison d’Autun à Pithiviers le 7 août, mais Suzanne est « mutée » (terme officiel de la fiche du camp) à  Drancy le 15 août tandis que la fiche de Maurice indique le 22 août. On peut imaginer la douleur de cette séparation. Elle sera déportée une semaine avant lui.

Quand les parents rejoignent leur fils à Lyon début septembre 1942, ils comprennent que Suzanne a été arrêtée puisqu’elle ne les rejoint pas, puis ils reçoivent des lettres qu’elle a écrites de Pithiviers, dont la dernière que sa mère (ma grand-mère) a toujours conservée sur elle et avec laquelle elle s’est peut être fait enterrer puisqu’elle ne nous est jamais parvenue.

Suzanne Spodek est-elle revenue, amnésique, comme un fonctionnaire de la Préfecture l’a indiqué en 1948 à son frère Jacques et à ses parents au moment de leur demande de naturalisation? Ils se sont précipités au lieu indiqué par leur interlocuteur mais elle avait disparu.  S’agit-il d’une usurpation d’identité ou d’une homonymie ? Cette question est encore sans réponse à ce jour.

Nicole Spodek, nièce de Suzanne Spodek

D’après le récit fait par mon père, croix de guerre et Médaille Militaire pour son action dans la Résistance

(son parcours est publié dans « Résistants juifs 1940-1945.Témoignages, ceux qui dans la

clandestinité résistèrent ». Georges Brandstatter, Ed Jourdan.

FRAGMENTS D’HISTOIRE
La Déportation

Stèle/Plaque

Info livre

Déportée sans famille de Drancy après avoir subi au moins 12 jours d’internement dans 3 lieux de détention : la prison d’Autun ,8 jours à Pithiviers et 4 jours à Drancy.

Une des 83 enfants du XI°, déportés par le convoi 21 du 19 août 1942. Comme elle, tous sont exterminés.

Aucun document émanant d’Auschwitz ne mentionne son décès.

Elle est déclarée décédée selon l’arrêté du 26 mars 2014 portant apposition de la mention « Mort en déportation » sur les actes et jugements déclaratifs de décès

L’AMEJD XIe a gravé son nom le 15 mai 2004, sur une plaque à l’école primaire 16 rue Titon.

Livre : « Fragment d’histoire(s) Lambeaux de mémoire » : Page 168.